Le management inspiré ou le management par la spiritualité

Le management inspiré ou le management par la spiritualité

 

Evelyne Mainot

 

Partie 1 –         

J’offre de mon temps bien souvent au travail pour accompagner, aider, diriger, construire, défaire, refaire un monde d’entreprise qui est en perpétuel mouvement. Un mouvement cadencé par les lois, les décrets, les textes managériaux qui règlementent un milieu dans lequel je dois m’adapter tout en continuant de rêver. Je dois allier une vie de rêve et une étrange réalité, celle de la conceptualisation, celle de l’imagination qui emmène bien des gens dans des univers qui vont de travers.

              

Que puis-je imaginer pour changer cette entreprise ? Son fonctionnement, le pourquoi du comment ? Le « Je vais faire semblant de m’adapter alors que je ne rêve que d’une chose c’est m’évader pour aller dans une autre réalité » ?

 

 La vision de la réalité :

 A travers une vision particulière de l’humain, nous construisons des schémas, des idées, des pensées qui nous amènent à remodeler notre univers d’entreprise pour continuer de cheminer. Nous sommes-nous vraiment arrêtés pour regarder là où nous en étions ? Arrêter quelques instants de transformer, de développer à toute vitesse nos idées pour mieux exploiter, s’enrichir, acquérir, détruire, reconstruire alors que nous n’avions pas vu tout le superflu que nous avions déjà bâti pour arriver à de faibles résultats.

De quels résultats parlons-nous ? Financiers, techniques, humains ? Que privilégient nos sociétés actuelles ? De nous donner des ailes ou de nous transformer en piètres poupées articulées pour nous faire avancer ? Que voulons-nous faire ? Vers quel monde avons-nous envie d’aller ? Multiplier les opérations à prévoir ou juste s’arrêter et se contempler dans un miroir. Un miroir de la vie, d’un chemin parcouru, des échelons gravis, mais au nom de quels efforts pour quels réconforts ? Moraux, financiers, technologiques ou d’ambitionner de revendre encore et encore dans d’indescriptibles efforts qui nous mèneront jusqu’à la mort ? Ne serait-il pas possible de se laisser bercer dans une autre réalité ? Se laisser transporter dans une autre réalité qui redéfinirait le pour qui, le pourquoi, le vers qui, le vers quoi ?

Je manage donc je suis ! J’ai de la valeur dans la société, une importance, de la prestance, des postures à connaître, des phrases toutes faites à réciter pour que l’on me contemple dans toute ma technicité … et ma beauté alors ? Celle qui emmène autrement en prenant soin des gens ? Qu’ai-je à faire dans le monde des affaires si je n’ai qu’à appliquer, à réciter, à me transformer en pantin articulé qui n’a qu’à réciter ? :

« Les taux sont en hausses ! Bravo ! »

« Les taux baissent depuis des années, va falloir fermer ! »

« Pas assez de clients, ce n’est pas marrant mais va falloir licencier, les derniers arrivés devant. »

« Pas assez de patients, changeons les soignants de services pour désengorger les autres services ».

Des phrases toutes faites, déjà écrites, connues, archis connues dans un monde de l’entreprise qui a fait de l’humain un être oublié dans son entièreté, plongé dans une triste réalité.

De quelle réalité parlons-nous ? celle des pensées, celle des idées ou celle du cœur de pensées qui ne demande qu’à s’exprimer ?

La réalité de chacun, ce que chacun exprime, ce que chacun pense ou garde au fond de soi se mesure-t-elle ? Comment s’appréhende-t-elle dans l’entreprise quand dans une pensée conformiste on partage peu dans un mode inspiré qui permettrait de changer, de voir tout le monde évoluer au lieu de stagner ? Par des bénéfices partagés, une estime retrouvée ou des valeurs de cœur partagées dans une nouvelle réalité ?

Quand les modélisations s’imposent et que les transformations normatives explosent, comment faire émerger les cœurs de pensées ? Comment donner aux managers, ficelés, modelés dans une structure de pensées, d’autres outils pour avancer ? La spiritualité en fait-elle partie ? Les connotations qui l’entourent font de ce mode de pensées une vision de période « yé yé » révolue, où être spirituel c’était aller dans la forêt autour d’un feu de camp pour chanter, danser, dormir à la belle étoile … on est loin de la société actuelle qui emmène sur d’autres rivages, d’autres clivages. Est-ce pour cela que la spiritualité ne peut pas être intégrée dans les modes de management ?

Faut-il tout détruire ? Faut-il tout reconstruire ? Faut-il tout rebâtir ? repartir de zéro ou essayer de composer avec ce que nous supposons être la réalité d’aujourd’hui pour aller vers une autre réalité, celle où la spiritualité voudrait mettre un peu d’inspiration dans d’autres vibrations ? Des vibrations de sagesse, des vibrations de transformation où nul ne serait délaissé pour continuer à cheminer. Chacun trouverait sa place sur un chemin, dans une société en pleine mutation, dans une entreprise déjà constituée mais dont les modes de pensées auraient changé pour transformer leur réalité.

Bien … mais les objectifs avec tout ça, on en fait quoi ? Si on commence à prendre l’humain en compte et y ajouter le divin où va-t-on ? Et nos chiffres d’affaires ? A qui aurons-nous à faire en fin de mois pour expliquer nos résultats ?  A des guides spirituels  bienveillants ou à des managers très hauts placés qui ne demandent qu’à exécuter une autre politique inspirée qui ne sait qu’imposer, cloisonner, scinder, assouvir, détruire pour un autre avenir ?

 

Comment transformer nos réalités ?

 

1- Regardons chacun ce que nous appelons notre réalité, notre propre réalité. Quelle est-elle aujourd’hui et sur quelle logique de pensées l’avons-nous construite ? L’avons-nous bâtie ou subie ? Sur des croyances, des conditionnements, des enfermements ou une réalité inspirée par d’autres modes de pensées ?

 

2- Regardons, et comparons les résultats que nous recherchions dans la réalité que nous voulions et ceux que nous obtenons aujourd’hui. Des résultats de quels ordres : physiques, psychiques, émotionnels, sociétaux, matériels, spirituels ? Où en sommes-nous vraiment sans rien nous cacher, en faisant preuve de pragmatisme, d’objectivité ? Les résultats sont-ils en adéquation avec nos attentes ? Les résultats sont-ils en adéquation avec nos émotions du moment ? A qui font-ils plaisir ?  A nous ou à d’autres personnes ? Ces résultats nous apportent-ils la satisfaction intime de faire partie d’un grand tout ou celle de faire partie d’un grand rien qui nous a fait perdre notre chemin ?

Quel intérêt d’évaluer les résultats quand notre mode de pensées est erroné ? Qu’évalue-t-on ? L’humain, le bénéfice, l’argent engrangé, l’estime retrouvée, la santé améliorée ou un système cloisonné qui ne demande qu’à s’améliorer ?

 

3- Mettons dans la balance nos espérances et ce que nous avons acquis durant toutes ces années passées à écouter, à obéir, accepter, adapter, façonner, diriger, construire… Où en sommes-nous aujourd’hui dans nos rêves, dans nos espoirs ? Obtenons-nous un vrai gain ou un avenir vain ? Et si nous pensons avoir gagné, pour quelle réalité ? Qui intègre notre réalité ? N’y a-t-il que nous, notre famille, les autres personnes de notre entreprise, les concurrents, les dirigeants, la société ?

Quelles visions avions-nous de nous-même lorsque nous avons construit nos principes de réalité ? Et qu’en est-il de cette réalité aujourd’hui ? Ou en sommes-nous dans tout ça ? Des rêves envolés ? Des pièges dans lesquels nous nous sommes laissé glisser, un avenir qui part en cacahuète car nous perdons pieds dans nos baskets ?

Nos espoirs sont-ils des devoirs ? Nos espérances ne vont-elles pas vers d’autres reliances ? Vers d’autres mondes heureux qui feraient des envieux, d’une autre nature que celle qui dénature nos mondes intérieurs dans d’atroces rancœurs « Ça ressemble à… Mais en tout cas c’est pas d’l’amour » disait Goldman.

Le bilan est comment maintenant ? Qu’en avez-vous appris, qu’en avez-vous compris ?

Et si nous faisions autrement ?

Et si nous managions autrement, en arrêtant de faire semblant ?

 

– Lorsque je manage, je ne m’oublie pas.

– Lorsque je manage je ne suis pas seul, je suis entouré d’autres Hommes qui ont leurs modes de pensées.

– Lorsque je manage, j’ai ma propre sensibilité, les autres aussi.

– Lorsque je manage j’ai ma propre réalité, celle que l’on veut m’imposer de mettre en place et celle que les autres ont aussi.

Ai- je pensé que je pouvais être accompagné lorsque je manage, que je pouvais être guidé malgré les difficultés malgré ce que l’on m’impose  pour aller vers un système qui sera plus efficace, plus humain, plus serein,  plus saint, et si conflit il y a, je trouverai les solutions pour m’apporter d’autres contentements afin que personne ne soit délaissé à force de trop s’adapter, d’oublier qui l’on est.

 

 

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